Intervention CCC en soutien à la NUPES [« Festival de campagne » de Julien Bayou]

5ème circonscription de Paris (3e-10e) // Samedi 4 juin 2022

Intervention de Jean-Jacques Barey au nom de l’appel « Faire culture : une cause commune »


« Au début du mois de mai, juste après la présidentielle, avec quelques ami•es artistes et acteurs culturels, nous nous demandions ce que nous pourrions faire pour contribuer à la victoire de la Nouvelle Union Populaire, la Nupes… Il est sorti de nos conversations un appel, Faire culture : une cause commune, désormais signé par plus de 500 personnes, que je tiens à votre disposition.

Cette courte intervention fait partie des initiatives pour faire connaître, au sein de la campagne des Législatives, la démarche que nous proposons. Merci à Julien et à son équipe de campagne de nous permettre de le faire ici.

Pour ne citer qu’un petit morceau de l’appel : « …Replacer la question culturelle au cœur de cette campagne nous permet de libérer les mots, les signes et les imaginaires trop longtemps détournés par l’uniformisation marchande. (…) Nous appelons à raviver les liens de sens qui attachent l’humanité au vivant, la culture à la nature. L’urgence écologique est désormais au cœur des luttes émancipatrices. La politique comme l’art doivent s’y régénérer (…) [Nous voulons] construire, par la mobilisation de l’intelligence collective, un maillage en archipel des espaces de pensée et de créativité. »


Nous ne sommes pas dans une démarche « programmatique ». Ça, c’est le travail des organisations regroupées au sein de la Nupes. Nous serions plutôt dans une logique de mise en cohérence des propositions qui figurent dans le programme partagé, en soulignant qu’aux côtés de l’urgence écologique et sociale, sans même parler de l’évidente urgence politique, il s’agit de décréter – au moins de constater l’URGENCE CULTURELLE.

La culture est essentielle, pour cette raison que le projet politique que nous portons, au delà de « gagner mieux sa vie » ou de « produire autrement », c’est l’ÉMANCIPATION. L’émancipation, c’est pouvoir vivre librement. Dans un environnement sain, avec un pouvoir d’achat décent. Mais ça ne suffit pas. Ce qui fait la spécificité de l’humanité, c’est sa culture. Un grand penseur du XXème siècle le disait : « La nature de l’Homme, c’est sa culture… ». La culture est la seconde peau de l’humanité. Les hommes ont été capables de passer par le langage, de passer par le symbole. Ce qui « fait culture », c’est en effet la capacité de l’humanité à exprimer ce qu’elle ressent, ce qu’elle découvre, ce qu’elle apprend, et de le partager avec son prochain. La culture est essentielle. Elle n’est ni supplément d’âme, ni fleur à la boutonnière ! Elle est la somme – accumulée mais jamais achevée – des savoirs, des créations, des œuvres, des émotions… Elle est ce qui permet le « partage du sensible ». Elle est ce qui « donne le sens » au vivre ensemble et permet de relier l’émancipation collective à l’émancipation individuelle…


Mais revenons à l’actualité.
On dit parfois, de façon un peu ironique, que les élections ne se gagnent ni sur un programme (surtout quand on est dans l’opposition), ni sur un bilan (surtout quand on est au pouvoir, sinon Macron serait déjà battu !). Je crois qu’elles se gagnent sur un PROJET. Et ce projet doit être porté par un RÉCIT. Si l’on veut inventer un monde – vivable – de justice sociale et de bien-être partagé, il nous faut inventer le récit qui va avec ! Et nous avons besoin de citoyen•nes conscient•es pour le tenir, ce récit. Et les artistes, les acteurs culturels, les chercheurs, les penseurs… sont en mesure de nous aider à le mettre en forme, à le mettre en mots. Car l’indispensable bataille des idées, face à l’obscurantisme des uns et à l’ultralibéralisme des autres, est avant tout une bataille culturelle.

Cela n’a peut-être pas suffisamment été rappelé, mais comme aurait pu dire Frédéric Lordon, « Ils ne rendront pas les clés comme ça ! » : on va s’affronter au Capital, au Grand capital, à la grande industrie culturelle, celle qui contrôle les médias, la production audiovisuelle, la production de livres et de disques, les grandes salles de spectacle, le marché de l’art…, les Bolloré, Drahi, Niel, Arnault, Pinault, Ladreit de Lacharrière… pour ne citer que les principaux protagonistes. D’abord il faut les moyens. C’est pour cela que le programme de la Nupes prévoit de consacrer à la culture 1 % de la dépense publique de l’état ainsi que, dans le cadre de ce qu’on appelle la « compétence partagée », des collectivités territoriales.
Ce qui est modeste. Par comparaison on demande 1,5 % pour la recherche.
Ce n’est pas rien. C’est une condition nécessaire, mais non suffisante. C’est qu’un point de départ. Il nous faudra débattre de manière approfondie de l’usage qui en sera fait, en premier lieu au sein du service public de la culture, mais aussi en soutien à toutes les initiatives des artistes, des habitants, des associations… Il s’agira de passer à la démarchandisation des biens, des œuvres et des services culturels. Il nous faudra travailler la question de la gratuité, de l’accessibilité, de l’appropriation, individuelle et collective, des créations et des pratiques artistiques et culturelles. Il nous faudra réinterroger l’éducation populaire, et la réintégrer au sein d’un grand Ministère de la culture, qu’elle n’aurait jamais dû quitter.
Il nous faudra veiller aux conditions sociales d’exercice des métiers de la culture et des arts. Il nous
faudra conforter le régime des intermittents du spectacle et l’étendre à tous les précaires de la culture. Il nous faudra reconstruire le statut des artistes-auteur•es et renforcer considérablement leurs droits sociaux, à commencer par la mise en place d’un revenu de remplacement, comme pour les intermittents.
Notre Région l’Ile-de-France abrite 42 % des intermittent•es du spectacle, dont une bonne moitié réside à Paris. Le chiffre est encore plus marqué pour les auteurs et autrices, qui sont 46 %, et encore plus concentrés sur Paris intra-muros.

Cela donne à nos formations de la Nupes une responsabilité écrasante en matière de politiques culturelles, ne serait-ce qu’au plan local et régional. Il va nous falloir mettre les mains dans le concret, sans attendre !
On va devoir s’affronter au pouvoir inédit des Gafam, qui ont fait de nos données personnelles une mine d’or inépuisable, tout en pillant impunément artistes et créateurs de toutes disciplines, et qui du haut de leurs milliers de milliards, contrôlent nos vies et nos imaginaires !

Il va falloir mettre les bouchées doubles. Et quelle que soit l’issue du scrutin, et nous ferons tout pour qu’elle soit favorable, il nous faudra maintenir la pression et surtout mettre en place les outils de co-construction de cette politique, au service de l’ensemble de la population et de l’émancipation de toutes et tous. »

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